Stéphane Alfonsi et l’inaccessible étoile

Nous avons pris l’habitude depuis un an d’interroger nos formateurs(trices) qui se prêtent volontiers au jeu des questions/réponses. Stéphane Alfonsi n’y a pas échappé… Et a même réitéré l’exercice.

Après une première interview éclair en 2014, dont voici le contenu, vous lirez juste après notre deuxième échange :

 

Plumes et Calames : Quel est l’élément déclencheur qui a fait de toi un passionné de calligraphie ?

Stéphane Alfonsi : La réponse est très simple car j’ai la chance d’avoir découvert cette discipline grâce à mon cousin Mister Laurent Pflughaupt lors de vacances à Paris, il y a une vingtaine d’années.

 

PC : Et quelles sont les rencontres calligraphiques qui t’ont marquées ?

SA : Dans les années 1998-99-2000, nous organisions à Metz et à Nancy de grandes rencontres et expositions internationales. J’ai ainsi pu rencontrer et voir travailler de grands calligraphes tels que Jean Larcher, Laurent Rébéna, Roger Druet, Chen Dehong

Par la suite, lors de différents stages et autres manifestations, se sont ajoutés à cette liste des artistes tels que Bruno Gigarel, Kitty Sabatier, Christel LLop, Stéphanie Devaux… La liste est longue et comprend aussi un grand nombre de personnes passionnées (stagiaires et organisateurs, associations…)

Des événements tels que Le Mai de la Calligraphie avec Amélie Dhesse, les rencontres de calligraphies à Mougins et la création du mouvement LINKS sont mes plus beaux souvenirs de par leur ampleur.

 

PC : Quels sont les outils calligraphiques qui te font décoller ?

SA : Les outils classiques tels que les plumes biseautées, tire-lignes, pinceaux, feutres… Selon les supports utilisés et les médiums employés, je suis obligé de tester, d’expérimenter et de relever certains défis techniques. En fait, c’est l’ensemble de toutes ces choses réunies qui me semble le plus passionnant.

 

PC : Qu’as-tu envie de partager avec nous, là, maintenant, pour ce numéro spécial de Plumes et Calames ?

SA : Je partagerais bien maintenant un bon repas arrosé de bière trappiste – belge bien évidemment – avec toute l’équipe du dernier stage.

 

2014, Rencontre avec Stéphane Alfonsi, peintre calligraphe.

 

—————–

 

PC : 6 ans après, que changerais-tu / qu’y apporterais -tu ?

SA : étant donné que 6 années viennent de passer, la liste des rencontres qui m’ont marquées s’est allongée… Il y a eu le Salon du LIVRE et SES Métiers d’ART à Montreuil-Bellay. Laurence de chez Plumes & Calames le connait bien, car elle y va pour des stages et le salon en lui-même. Il est devenu incontournable de par sa taille, de par le nombre d’exposants et de par la quantité de stages proposés.

 

PC : Et qu’es-tu devenu en 6 ans ? Qu’est ce qui a changé chez toi ?

SA : Toujours un « Calligraphe-Voyageur ». Mais avec de plus en plus le sentiment de devenir autant peintre que calligraphe ainsi que photographe. Il me semble qu’être artiste c’est être libre de créer sous toutes les formes possibles.
A propos de création, une association qui s’appelle « Les’Âmes-Art » vient de voir le jour.
Le but est d’en faire un « Centre de Ressource par L’Expression Artistique« .
Nous sommes 3 et avons pour objectif la mise en place d’Ateliers de création artistique destinés à l’accompagnement de personnes qui sont en quête d’eux-mêmes. Le mot à la mode est Art-Thérapie mais nous allons plus loin. Notre Travail est de réunir « Tête-Mains-Coeur » et de s’orienter vers une démarche plus spirituelle tout en conservant le fil conducteur des ateliers, à savoir la création.

« Peindre autrement » en quelque sorte.

 

PC : Hou ! le joli placement de produit 😊 Dis, nous te savons très actif en tant que formateur (Belgique, France.) et en tant qu’artiste… Tu fais comment ? Tu as plusieurs vies ?

SA : L’ensemble de mon temps est consacré à l’Art. Je ne fais rien de plus.

« ÊTRE » est LE MOT qui résume tout. Il signifie « SE TENIR DEBOUT » (étymologie de essĕre : se tenir droit).
Je n’ai qu’une vie et c’est celle d’ÊTRE ARTISTE. Je ne l’ai pas choisie, au contraire, je n’ai pas le choix (rires). Et comme l’ART est l’outil le plus adapté pour libérer son ÊTRE intérieur, il est imbriqué avec la spiritualité que je vis pleinement à chaque instant (du moins le plus possible).
Bien entendu le prix à payer nécessite de nombreux sacrifices notamment matériels et familiaux… En tous les cas, je ne pourrais rien faire d’autre. J’aurais pu écrire que je n’ai qu’une vie et plusieurs incarnations et il m’en reste encore de nombreuses à venir (rires à nouveau).

 

PC : Ce qui nous amène au présent :  le thème du stage chez nous, tu t’y es retrouvé ? Comment l’as-tu abordé ? Était-ce difficile de faire la jonction avec une optique imposée ?

SA : Le stage a été abordé en utilisant les connaissances acquises pendant une vingtaine d’années de travail avec des calligraphes, des peintres, des musiciens, des photographes et autres plasticiens. Nous avons tenté d’approcher la Création avec un « C » majuscule en essayant de ne pas réfléchir, de ne pas se poser de questions et surtout de ne pas juger son propre travail. Se laisser aller et utiliser le hasard pour vagabonder dans les formes et les couleurs qui apparaissent pendant le processus de Création. Ensuite, nous avons posé de la rigueur en y apportant des éléments calligraphiés.

Il était difficile de faire la jonction avec l’optique imposée par manque de temps de préparation, mais il me semble qu’avoir bousculé les participant(e)s et les faire sortir de leur zone de confort pour qu’ils/elles se surprennent est à mon sens ce qu’il y avait de plus important, à savoir : REDEVENIR QUI L’ON EST.

 

PC : La question que je n ’ai jamais osé poser mais que je pose quand même : tes travaux sont très denses picturalement parlant. J’ai toujours l’impression de devoir les fouiller longtemps quand j’en vois un… Comment expliques-tu cela ?

SA : Haaaa ! Mon Cher Philippe, si tu savais… Imagine qu’il y a encore plus de choses cachées derrière ce que tu aperçois.

 

PC : Là, tu es vache : bien joué ! Tu as excité ma curiosité et je suis sûr que nos lecteurs poseront un regard différent sur tes travaux.

SA : 😊 Le plus important pour moi est l’expérimentation. Mon intuition est de plus en plus développée et me permet d’aller à la découverte de celui que je dois ÊTRE. Devenir qui nous sommes au plus profond de nous-même !  Voilà l’UNIQUE QUESTION qui m’anime. Tenter de comprendre le VIVANT (de la particule élémentaire la plus petite jusqu’aux amas de galaxies). Voilà pourquoi il y a autant de densité. Peut-être qu’avec le temps, mon travail ira vers quelque chose de plus en plus épuré. Si tel est le cas, cela signifiera que je serai moins tourmenté et que je m’approcherai modestement d’une certaine sagesse et d’un apaisement intérieur.

 

PC : Quels sont tes projets dans le futur proche et moins proche ? Des expos ? Des évènements ? Des envies ?

SA : Actuellement, je prépare une expo qui aura lieu à la Cathédrale de Toul pendant 1 mois et demi, de la mi-juin à la fin juillet de cette année. Les projets sont le développement de l’association « Les’Âmes-Art » ainsi que (d’essayer) de consacrer plus de temps à la création sous les formes peinture, calligraphie, photo… Créer, exposer, enseigner. Il y a 6 ans j’aurais dit : Enseigner, créer, exposer.
La Grande Envie du moment est de m’initier à la musique avec des copains musiciens. Tambour et percussions m’appellent depuis toujours, mais je ne m’étais jamais demandé si j’avais envie de commencer. Parallèlement, je fais du tambour chamanique dans une association deux fois par mois depuis 1 an et demi. Le Cercle de Tambour participe pleinement au développement de l’Intuition. Cet outil de Travail a su faire remonter à la surface mon envie de faire de la musique qui date depuis les années 90. Alors après les expos…. Un concert ???? (Hahahahaha !!)

Merci à toi mon cher Philippe & merci à toute l’association Plumes & Calames.

 

Stéphane Alfonsi 20.02.2020

 

Pour (re)découvrir l’univers de Stéphane: